Parlez-vous le RH 2.0 ?

Ces toutes dernières années, voire derniers mois, ont vu apparaître de nouveaux termes issus des technologies 2.0 qui impactent l’entreprise et bien entendu, la fonction RH. Ces termes sont principalement issus de l’anglais, ce qui leur donne un côté plus innovant mais aussi plus hermétique pour les non initiés. Il est donc nécessaire de les connaître pour rester à la page ou devrais-je dire « connecté ». Petit florilège de ce nouveau jargon 2.0 pour les RHs, et des derniers acronymes à la mode.

En termes de formation, êtes-vous plutôt MOOC, COOC ou SPOC ?

Notre dernier article parlait des MOOC (Massive Open line course), mais ces derniers ont des petits frères : les COOC(Corporate open online courses) et les SPOC (Small Private Online Course).

  • Les COOC sont des modules de formation à grande échelle que les entreprises vont lancer pour éduquer non seulement leurs employés, mais surtout leurs clients. Par exemple, aux Etats-Unis, la Bank of America vient d’annoncer le lancement de modules de formation en gestion financière pour ses clients en collaboration avec Khan Academy (note 1).
  • Les SPOC sont des cours en ligne privatisés ou en petit groupe, permettant notamment à chaque participant de bénéficier d’un accompagner personnalisé de son formateur et ainsi de pallier certains inconvénients des MOOCs.
  • Même les particuliers s’y mettent, grâce à des plateformes de cours ligne entre particuliers, dans la dynamique des services entre particuliers.

Il n’est donc plus indispensable d’être une Université pour proposer des cours gratuitement en ligne, que l’on soit une entreprise ou même un particulier, c’est aussi possible. De quoi bouleverser le paysage de la formation.

Connaissez-vous les nWOW (new way of working ou new world of work) ?

Les technologies 2.0 viennent aussi modifier nos manières de travailler. Le cloud, qui permet d’accéder à distance aux applications et données de l’entreprise, facilite non seulement le télétravail – le fait de pouvoir travailler de chez soi – mais maintenant le fait de pouvoir travailler de n’importe où. C’est ce que l’on appelle le e-working, particulièrement utile pour les travailleurs nomades, c’est plus globalement le fait de travailler de n’importe quel endroit qui ne soit pas son entreprise : chez soi, chez son client, son fournisseur ou partenaire, en déplacement …

Indépendamment  de la dimension technique,  c’est l’intelligence collective que  les entreprises cherchent à développer, aussi bien à travers des outils collaboratifs, des aménagements de bureaux permettant des espaces de travail différenciés en fonction des usages, quitte  à s’ouvrir à l’extérieur avec le concept du co-working, c’est-à-dire le fait de partager des espaces de travail entre travailleurs indépendants ou d’entreprises différentes.

Au-delà du partage d’un même espace physique de travail, l’ouverture de l’entreprise vers l’extérieur va encore plus loin avec le crowd-sourcing qu’on dénomme aussi  « l’externalisation ouverte » qui consiste en l’utilisation de la créativité, de l’intelligence et des savoir-faires d’un grand nombre de personnes en sous-traitance. A titre d’illustration, le Crédit Agricole a, par exemple, déployé une plateforme permettant la co-création d’applications par des clients et une coopérative de développeurs externes.

Force est de constater, que les frontières de l’entreprise deviennent de plus en plus floues, ce qui réinterroge sur la définition même de l’entreprise et sur ses capacités à être en symbiose avec d’autres acteurs de son environnement.

Et côté technique, êtes-vous au point ?

Grâce aux dernières évolutions technologiques, de nouveaux usages ont pu se développer, à la fois plus personnalisés et plus ouverts.  Le fonctionnement en mode SaaS (Software as a service) permet de variabiliser les coûts tout en donnant accès à distance aux applications, de bénéficier des standards du marché et de la maintenance intégrée. Ce mode de fonctionnement s’inscrit dans l’air du temps où l’usage prévaut sur la propriété. En même temps le BYOD (Bring your own device) permet au salarié d’utiliser  à titre professionnel  ses outils personnels en matière de téléphonie mobile, et d’ordinateurs ou de tablettes. Là encore, on observe que les frontières  entre sphères privées et corporate deviennent plus floues. C’est le nouveau challenge que les DRH et les DSI ont à gérer ensemble.

Par ailleurs, que l’on soit digital native  (à partir de la génération Y et suivantes) ou digital immigrant (ceux qui ont le souvenir d’avoir vu fonctionner un minitel,  c’est-à-dire les générations X et antérieures), il va falloir passer au LinkedIn, Viadeo, Twitter, Yammer,  et autres outils de Réseaux sociaux. Ces derniers ont déjà été investis par les RHs, notamment pour le recrutement et valoriser l’image employeur. L’intégration de certains de ces outils en interne au sein de l’entreprise ont quant à eux un peu plus de mal à se développer en interne comme par exemple les Réseaux Sociaux d’Entreprise (RSE). L’abréviation de RSE, peut d’ailleurs conduire à des incompréhensions avec le terme de la Responsabilité Sociale/Sociétale de l’entreprise. Attention au télescopage des acronymes 2.0 et RH !!

Et si on met tout ça ensemble, ça donne quoi ?

Mis bout à bout, ces termes et acronymes, peuvent  devenir un jargon incompréhensible pour les non initiés.

Illustration d’une phrase à sortir dans un dîner en ville, pour briller par sa science, tout en perdant son auditoire   :

« Grâce au Cloud, on peut mettre en place plus facilement des SIRH en mode SaaS auquel chacun peut accéder avec son BYOD, et c’est plus facile pour suivre mes HiPos et leur donner accès à des SPOCs« .

Mais attention, le millefeuille de tous ces nouveaux outils, modes d’échanges et de fonctionnements 2.0., peuvent aussi aboutir, pour l’entreprise et ses salariés, à une crise « d’infobésité« , un surpoids informationnel. En permettant le libre accès et la circulation des informations, nous pouvons en être submergés. Identifier les informations de qualité et qui apportent de la valeur à son travail devient un enjeu de productivité important  … mais ça c’est une autre histoire.

Et pour finir cet article dans la même verve acronymique, je dirai que le plus important dans tout ça, in fine, c’est le KISSSS…. « Keep it simple, straight, sexy and sustainable » (note 2)… un vaste programme pour l’entreprise et ses salariés  …

Notes and Bibliography

  1. Article Huffington Post, Vous connaissiez les MOOCs, vous aller adorer les COOCs, http://huff.to/2bfJJ9y
  2. « Happy RH : le bonheur au travail rentable et durable », Laurence Vahnée, http://amzn.to/2aFUQmI

Comments (1)

  • Sylvain Pochet 26/03/2017 - 01:17

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